Fiché S… les dérives !

En France, une fiche S est une fiche signalétique du Fichier des personnes recherchées.

La lettre S est l’abréviation de « sûreté de l’État ». Les fiches S sont principalement émises par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI).

La fiche S est subdivisée en divers niveaux matérialisés par des chiffres, qui vont de « S1 » à « S16 ». Ce niveau de chiffres ne correspond pas à la « dangerosité » d’une personne, mais plutôt aux actions à entreprendre pour le membre des forces de l’ordre qui contrôle cette personne.

On connait, malheureusement les dérives et j’en parlais déjà ICI dans un article de janvier 2016.

Aujourd’hui je vous en reparle suite au mail d’une de mes lectrices, que je viens de recevoir qui s’adresse au Ministre de l’Intérieur.

Voici la lettre en question : J’ai bien évidemment supprimé les coordonnées de la personne

                                                                                                                              le 06/06/17

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

FICHAGE S

Monsieur Le Ministre de l’intérieur,
Je me permets de vous écrire ce courrier, car je suis en plein questionnement concernant le FICHAGE S.
Effectivement, suite à un contentieux non-officiel avec mon employeur dont les méthodes de management concernant certaines de mes collègues étaient intolérables, j’ai commencé à subir un harcèlement malveillant et pernicieux à différents niveaux.
Il m’a rapidement semblé que mon téléphone et mon ordinateur étaient contrôlés à distance entre autre chose.
Différents problèmes, postaux, avec le pôle emploi, ou des difficultés pour retravailler par exemple viennent se greffer à tout cela.
En ce qui me concerne, ce harcèlement est plus que démesuré puisque l’on me fait savoir là aussi de manière pernicieuse, par le biais d’un « trollage » permanent de mon ordinateur par exemple, que des moyens de sonorisation et de vidéosurveillance ont été mis en place dans les différents domiciles que j’ai occupés, puisque j’ai déjà déménagé trois fois. Je peux aussi affirmer sans preuves là non plus que mes domiciles ont été régulièrement violés. Je suis tombé sur un article il y a quelques semaines seulement, qui me prouve que cela est possible. Merci de le trouver ci-joint au courrier.
Mon deuxième questionnement concernant cet éventuel FICHAGE S, est de savoir en quoi cela interfère dans mon statut de citoyenne française. Effectivement, le fait que les attentats dont le pays est victime correspondent au niveau calendaire à peu de chose près avec des périodes d’élections, me pousse à m’interroger sur le rapport entre un éventuel FICHAGE S et la considération que me porte l’état français en tant que citoyenne française. Je vais aux urnes dès que la possibilité m’en est donné, je n’ai aucun rapport de près ou de loin avec des organisations terroristes, ni aucun membre de ma famille non plus. Même si là encore de manière pernicieuse, il m’a été fait la menace de nous créer aux uns et aux autres d’éventuelles complications.
Il est peu de dire que mes libertés fondamentales son brutalement violées, notamment en ce qui concerne mon intimité. Pourtant comment expliquer à mon entourage que l’utilisation de téléphones dits « intelligents » ou des réseaux sociaux, représentent aujourd’hui un outil de destruction de ma vie.
Monsieur le Ministre, j’avoue que cette histoire de fichage me pose question, à l’heure ou certains journaliste comme monsieur Laurent Neumann, n’hésitent pas à faire des références à l’apartheid sur BFM TV LE 5 JUIN A 20h15 concernant les derniers attentats. Effectivement, je ne comprends pas qu’une citoyenne française ayant mon profil, soit, métisse, issue d’un milieu modeste et sans réseau, soit harcelée si violemment.
De plus, serait-il possible que dans le cadre d’une mise en place d’un plan précis concernant les FICHES S, que comme certains des membres des renseignements généraux qui se griment en journalistes lors de manifestations, certains membres de la population civile, et même d’ avocats, participent à tout cela.
Concernant, ces multiples problèmes, j’ai effectué des démarches auprès de la CADA, de la DGSI, de la CNIL, du procureur de la république de Paris, mais aussi d’avocats, sans que les réponses que je cherche ne me soient apportées.
J’ai effectué une autorisation de voyage qui m’a été refusée. Ma question est donc de savoir s’il existe une qualification juridique quelconque quant au fait, qu’un FICHAGE, si celui-ci est avéré en ce qui me concerne, qui correspondraient à harceler une catégorie de personnes, ici les FICHES S, à les empêcher de travailler pour subvenir à leurs besoins, mais aussi de voyager existe actuellement dans le droit français ?
De toute façon, parce que des menaces, là encore pernicieuses quant aux difficultés éventuelles que je rencontrerais en quittant le pays m’ont été faite, je souhaite vivement que cette histoire de FICHAGE éventuel sois réglé.
Je tiens enfin à signaler, qu’une de mes anciennes collègues de travail, peut témoigner sur le fait qu’elle rencontre le même type de problème que moi , tel que le piratage de ses comptes internet, usurpation d’identité…, depuis qu’elle a menacé les patrons auxquels je fais référence en début de lettre, de les envoyer aux prud’hommes.
Je me permets donc de vous le demander directement Monsieur le Ministre que dois-je faire pour sortir de cette situation ?
Veuillez agréer Monsieur le Ministre de l’Intérieur, à l’expression de mes salutations distinguées.

Mademoiselle A. P.

L’article sur les personnes espionnées :

20 282 personnes espionnées en un an sur le territoire français

Alain l’Anar

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